Dans les années 1960, envoyé par le gouvernement israélien pour créer une fanfare en République centrafricaine, il est fasciné par les musiques traditionnelles de ce pays, en particulier par les polyphonies vocales des Pygmées Aka2. Entré au CNRS en 1968, il y obtient en 1984 la Médaille d’Argent. Il reviendra sur le terrain tous les ans de 1971 à 1991, accompagné par des ethnolinguistes et des étudiants, pour y enregistrer ces musiques afin de les étudier et les conserver.

Premier prix de cor du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, devenu ethnomusicologue après avoir quitté l’Orchestre symphonique de Jerusalem, Simha Arom s’est attaché à la mise au jour de systèmes musicaux implicites et à la manière dont une culture construit ses catégories cognitives telles qu’attestées à travers sa musique – par le biais d’expérimentations de type interactif. Ses travaux reposent sur le postulat que les données recueillies sur le terrain, pour être valides, doivent être corroborées par des données cognitives propres aux tenants de la culture étudiée.

Ses recherches concernent l’organisation temporelle de la musique, les échelles musicales, les techniques polyphoniques, la musique dans le système social et l’élaboration d’outils conceptuels en vue de la catégorisation, l’analyse et la modélisation des musiques traditionnelles. D’une discipline principalement descriptive, il a tenté de faire une science à part entière, avec tous ses attributs : expérimentation, vérification, validation, modélisation, conceptualisation et reconstitution par voie de synthèse.

Professeur invité dans de nombreuses universités – notamment Montréal, UCLA, Vancouver, M.I.T., Cambridge (U.K.), Oxford (conférence [archive] avec Robert Kaddouch ), Tel-Aviv, Bar-Ilan, Haïfa, Bâle, Zurich, Sienne, Venise –, ses travaux ont inspiré des compositeurs contemporains2 comme Luciano Berio (Coro [archive]), György Ligeti, Ștefan Niculescu, Steve Reich, Fabien Lévy, Joël Mérah ou Fabian Panisello.

Simha Arom est directeur de recherche émérite au CNRS, membre-fondateur de la Société française d’ethnomusicologie, de la Société française d’analyse musicale, de la European Society for the Cognitive Sciences of Music (ESCOM) et du European Seminar in Ethnomusicology ; il est également membre de la Société française de musicologie et du Board of directors du projet The Universe of Music (UNESCO).

Ses archives sonores ont été déposées en 2011 à la phonothèque de la Bibliothèque nationale de France.

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